16 janvier 2012

Assassin's Creed : Revelations

Il y a une année - presque jour pour jour - je publiais un article sur Assassin's Creed : Brotherhood. Puisqu'il est - et d'un bon bout - l'article le plus lu du Paravent, le temps est venu de lui pondre un petit frère. Trêve d'introduction, Go-départ !

Si Brotherhood avait été surnommé "Assassin's Creed 2.5", je crois qu'il faudrait appeler cette dernière mouture "AC 2.5.5". Le titre serait d'ailleurs pas trop mal volé, car nous verrons que si le titre ajoute plusieurs petites finesse, nous n'avons pas bougé d'un pouce dans les grandes lignes.

Entamons notre visite par les éléments artistiques, puisqu'il s'agit d'un des points les plus marquants de la série. La musique est fidèle aux précédents opus. Très fidèle même puisqu'un bon 50% des titres sont simplement repompés, les autres s'en inspirant largement. On appréciera la fidélité, mais je ne peux m'empêcher de trouver que c'est un peu facile pour un stand-alone.

Côté visuel, c'est enchanteur, comme toujours. Constantinople est modélisée avec beaucoup de soin, les minarets se découpent sur l'horizon, la nuit est éclairée par les lanternes et les uniformes chatoyants des Janissaires sont rendus dans toute leur complexité. Les visages sont toujours aussi expressifs et c'est un vrai plaisir de voir nos héros à diverses phases de leur vie, le visage tantôt juvénile, tantôt buriné. 

Ceci nous fait rebondir sur le scénar. Le concept est légèrement différent des trois titres précédents puisque Desmond est totalement bloqué dans ses souvenirs, forcé de les revivre pour retrouver sa propre personnalité : une jolie occasion pour nous narrer plusieurs histoires distinctes que ni les Assassins, ni les Templiers ne voudraient vraiment chercher autrement. Tour à tour, ce sont Ezio à Constantinople - qui constitue l'histoire principale - lequel va vivre des souvenirs d'Altaïr en Terre Sainte et Desmond que nous jouons. Ce dernier est particulièrement spécial puisque c'est dans un gameplay très différent qu'il nous fera évoluer : une sorte de TRON-TETRIS. C'est original. Hélas, il faut bien admettre que ça apporte peu. Disons que cela mérite qu'on persévère un peu pour avoir l'histoire de Desmond en entier, mais si on pouvait choisir, on aurait très clairement demandé autre chose comme nouveauté.

Puisque nous y sommes, parlons des innovations : la dynamique est probablement la plus grande. Nous gardons le concept de Brotherhood : capturer les bastions ennemis et entrainer des disciples assassins. Mais cette fois, plus question de se reposer sur vos lauriers : les byzantins mènerons des attaques impitoyables sur les villes de méditerranée que vos disciples visitent et surtout lançerons des attaques (suicidaires) contre vos repères. Commence alors un mini-jeu de Tower Defence* ou vos assassins devront être judicieusement placés pour abattre différentes vagues d'ennemis. J'avoue être un peu sceptique : primo d’où sortent ces dizaines d'arquebusiers assassins ? Secundo, pourquoi des assassins, constituent une ligne de front avec l'ennemi ? Notre truc n'est-il pas la surprise et la furtivité ?

Logique ou pas, cela a le mérite d'être dynamique, entre les repères et la méditerranée, nous n'avons pas un instant de répit. Ajoutez les quêtes propres à chaque disciple et vous n'aurez presque pas besoin de la quête principale. Heureusement d'un côté, car cette dernière est terminée en très peu de temps. Je la crois au moins moitié plus courte que celle de Brotherhood. Par contre elle est forte de rebondissements entre les différentes factions. Car pour une fois il n'y a pas que les Assassins et les Templiers, on trouve également l'opposition Ottomans-Byzantins et c'est assez génial.

Toujours dans le style Ottoman, les explosifs gagnent en souplesse. C'est selon moi faire beaucoup de cas d'une option qui apporte au final pas grand chose, mais passons. Nous pouvons donc fabriquer toutes sortes de bombes pour divers usages : explosifs à fragmentation, bombe à pognon pour attirer du monde, fumigène simulateur d'incendie, bombe collante, huile de putois, les possibilités sont assez vastes.Ezio gagne aussi de ses frères d'Istanbul un crochet de poignet, permettant d'emprunter des tyroliennes et de grimper avec beaucoup plus de souplesse. (Ça permet aussi de sauter sur un garde pour le jeter plus loin. Je n'ai pas compris l'intérêt puisqu'on peut en tuer deux pour le même prix.)

Comme d'habitude, je ne dirais rien du multijoueur - qui aurait été fortement amélioré mais ne m'intéresse toujours pas puisque c'est une licence monojoueur. Na!

Quelle conclusion tirer de tout ça ? Assassin's Creed : Revelations surfe-t'il sur sa renommée ? Oui, très certainement. J'ai bien peur de vous dire qu'il ne mérite pas son prix. Ce serait un très bon Ad-on en fait. Si comme moi vous aimez la licence, vous vous y amuserez et vous immergerez dans l'intrigue, mais je ne peux ni le recommander au tout public, ni m'empêcher de penser qu'il y aura du travail à faire chez Ubisoft Montréal pour le prochain titre.
MJ




* Si comme moi ce mot vous évoque un truc en flash à l'esthétique dégueulasse, rassurez-vous, c'est fait avec le moteur du jeu et c'est très élégant.

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