6 octobre 2011

Les milliards de tapis de cheveux

Le roman qui a sonné le renouveau de la science fiction allemande, des milliards de tapis de cheveux, (Die Haarteppichknüpfer en VO) est signé de Andreas Eschbach et a bénéficié d'un traitement spécial dans ma pile de lecture puisqu'il m'a été imposé par le cours SHS Représentations du Futur de l'EPFL. Voyons donc ce qu'il y a à dire.

L'univers - visiblement conquis par l'Homme - mélange joyeusement des planètes sous-développées (au niveau pratiquement médiéval) et un pouvoir central qui - lui - possède quelques moyens : vaisseaux, blindés, etc. Un culte de l'Empereur-Dieu sévit sur l'Empire, seulement combattu par des révolutionnaires prétendant avoir tué le souverain.

Ma première remarque rejoindra celle des critiques littéraires de tous poils : l'histoire même des tapis de cheveux est on ne peut plus anecdotique. J'ajouterai que la théorie des fils - basiquement - stipule qu'une bonne intrigue devrait avoir un fil secondaire (avec nos héros) et un fil principal (la méta-histoire), le fil secondaire influençant le principal. Il est évident que la mort de l'Empereur va bouleverser les tisseurs de cheveux ! Il aurait fallu un enjeu à ce roman. On aurait pu imaginer, par exemple, que de nombreux mondes - impressionnés par la ferveur de la petite planète de tisseurs - refuse de prêter crédit aux révolutionnaires et que seul la perte de ce macabre commerce aurait pu mettre un terme à l'Ancien Régime.

De nombreux chapitres sombrent carrément dans l'inutile, présentant des personnages - leurs vies, leurs œuvres - dont l'incidence sur le récit sera égale à zéro. Point dommage car ces ventres mous, bien écris au demeurant, ne sauraient apporter une pierre à l'édifice que dans la perspective d'un roman beaucoup plus vaste, ou d'une bonne grande et grosse série.

Je terminerai par une question : qu'est-ce qui a retenu les avocats de Games Workshop ? Car honnêtement j'ai l'impression que Warhammer 40'000 a été déguisé et violé. Un Empereur-Dieu ? Des planètes au niveau technique faible ? Un Empire dont les plus grandes prouesses technologiques consistes à bâtir des croiseurs et des tank ? Un trône d'or ? Je vais m'arrêter sur ce dernier. S'il semble que la base de cet élément soit le trône d'or de Charlemagne, sur lequel il fut placé après sa mort, je ne crois pas que l'idée de vie éternelle puisse être tiré de là. Non, l'idée du Trône d'Or, fabuleuse machine ésotérique maintenant en vie un individu important ne me semble pas avoir la moindre occurrence hors Warhammer 40'000. Bref, ce roman n'est pas mauvais, mais j'ai toujours préféré l'original à la copie.
MJ


1 commentaire:

  1. Je viens de finir le livre et partage partiellement ton avis. Dans l'ensemble, l'intrigue est un peu décousue (Hahaha...) mais si on considère que le point clef est le chaos qui suit la chute de l'empereur et non l'histoire (en fin de compte passablement ridicule) des tapis de cheveux le tout tient bien en place. Chaque histoire amène une éclaircissement sur l'univers pour aboutir à un tableau complexe et intriguant. Donc pour moi, ces petites "nouvelles" sont plus un style littéraire audacieux qu'autre chose...

    RépondreSupprimer