28 septembre 2011

Deus Ex : human revolution

Le paravent reprend du service pour cet incroyable titre. Deus Ex : human revolution nous avait fait baver depuis une demi-année avec sa cinématique époustouflante, qui avait reporté le prix de la plus belle cinématique de l'an (pourtant en concurrence avec Bioware et Blizzard).

Je vais commencer par tout vous avouer : je n'ai jamais joué aux précédents opus de la série et tâcherai de compenser mon inculture par l'objectivité. En effet, nombreux furent les joueurs à comparer ce préquel à la série originale, généralement en faveur de cette dernière.

Nous voilà donc catapultés dans un futur très proche; les firmes de biotechnologies du monde entier rivalisent d'inventivité pour rendre aux handicapés et blessés de guerre leurs pleines facultés et pour améliorer les facultés d'autres. Nous vivons donc en plein transhumanisme; le rêve d'une vie meilleure à portée de tous pour certains, un juteux marché pour d'autres, un crime contre l'Humanité pour ceux qui restent. 

Les développeurs ont fait un travail titanesque sur ce monde, ils disaient chercher une science-fiction basée avant tout sur le présent. Si je ricane un peu - toute œuvre de science-fiction est basée sur son contexte de rédaction - le résultat est d'une très haute qualité puisque tout est au service de l'histoire. 

Par de nombreux aspects, ce jeu me rappel Assassin's Creed, un homme d'exception pris dans un complot majeur à l'échelle planétaire. Pour plusieurs points, il est en fait un sacré cran au dessus d'AC. Premièrement l'intrigue est nettement plus sympa. C'est très parti-pris, mais l'absence d'extraterrestres est salvatrice. Secundo, là ou AC nous propose une vision très manichéenne, de gentils assassins (nous) contre de méchants Templiers (eux), Deux Ex propose au joueur de forger sa propre opinion sur le monde qui l'entoure, jusqu'au final qui changera du tout au tout suivant vos choix.  

Le gameplay est le point ou AC peut se targuer d'être nettement meilleur. Deux Ex manque de fluidité dans les animations, souffre d'une certaine rigidité, les IAs mangent du foin (mais tirent bien!). Cela ne signifie en rien que ledit gameplay soit à la ramasse : au contraire, les développeurs ont su l'intégrer dans l'univers. Vos points d'expérience sont troqués contre de nouvelles amplifications qui vous permettent virtuellement de venir à bout de toute adversité. Marre de vous faire cribler de balle ? Transformez votre peau en blindage. Des gaz mortels ? Poumons antitoxines. Besoin de s'infiltrer ? Devenez invisible. Passez à travers les murs, sautez du toit de n'importe quel immeuble, piratez des tourelles, portez-les**, und so weiter.

Les conséquences de cette biomécanisation sont également très bien traitées : les grenades EMP* font crasher vos systèmes optiques qui affichent "réinitialisation en cours" avant de se relancer, mais avec toutes les jauges qui affichent "patientez, réinitialisation". Bref, vous ne jouez pas un surhomme, vous jouez un augmenté. 

Je passerai comme chat sur braise sur les musiques et les graphismes. Tous deux sont fabuleux et servent merveilleusement l'intrigue et l'ambiance. Je ferais par ailleurs une mention spéciale de l'hommage à Blade Runner que l'on retrouve dans l'appartement d'Adam, particulièrement travaillé.

Au rayon des points faibles, j'ai trouvé les passages de bosses vraiment mauvais. On oscille entre une difficulté presque insurmontable et une facilité déconcertante (lorsqu'on joue full stunt). Bref, ces moments de jeu ne sont pas intéressants en plus d'être relativement HS.

En conclusion, Deux Ex : human revolution m'a beaucoup impressionné et restera parmi mes meilleurs titres tout en profitant de mes chaudes recommandations.

MJ



* Elecromagnetic Pulse, dont le but est de bousiller l'électronique.

** anecdote : c'est devenu ma technique de combat favorite. Piratez une tourelle, définissez les ennemis comme cible et portez-là. Il est même possible de la mettre dans l’ascendeur et donc de la trimballer sur tout un niveau. Pour dire vrai, j'ai même affronté un boss avec. Plus précise et puissante qu'une mitrailleuse, la porter devant vous protège aussi des tirs adverses. Le pied.