13 juin 2011

La Condor et le SlurpSoda : un scénario pour Tigres Volants

Vendredi dernier - outre la visite géologique - fut l'occasion d'une partie, comme chaque vendredi par ailleurs. Notre équipe étant fracturée pour des raisons suisses-alémaniques, la campagne de Dark Heresy fut interrompue. J'avais bien essayé d'organiser un gros machin dont j'ai le secret, mais seuls deux joueurs furent finalement de la partie, l'occasion de faire jouer à ces vétérans un petit scénario débile pour Tigres Volants qui me trottait dans la tête et de tester le SOT 5 étoiles*.

Ce fut un très gros succès. J'irai jusqu'à dire que c'était une petite merveille de déconne et de rôleplay. Je vous donne en l'état certaines des perles de la soirée**.

- On va aller chercher l’électricité
- C'est dur à attraper ?
- Assez ...

- Il faudrait pas que Toupisch-toupisch s'imagine que tu l'aimes pas.
- Je l'aime déjà ...

- T'est sur que ton machin va aller ici ?... je veux dire mon animal favori ? ...

- Plante deux bâtons et met tes chaussures retournées dessus.
- Ah par ce qu'il va dans les chaussures en plus ?
- Oui, il y fait frais, sombre et chaud.

- Bon, je fais les deux feuilles ... Dis-moi ton nom de famille
- VAREKASPERALAkABIST
- Ok ... Prénom ?
- Le même.
- Quoi ?
- C'est tout. Il n'y a pas deux mots, c'est comme ça.
- ...

- Vous, allez voir au Starport si j'y suis.

- Il a tant bourriné que la porte s'ouvre.
Le scénario lui-même, La condor et le SlurpSoda, le voici. Ah oui, contiens tout ce que les âmes sensibles n'aiment pas.

Les PJs, deux clampins plutôt pauvres attirés par un job pépère et pas trop trop mal payé (et leur procurant éventuellement un nouveau casier judiciaire ou une échappatoire aux impôts), sont engagés à la Condor pour ouvrir le nouveau commissariat sud d'un cartier très pourris (celui qui vous fait plaisir, les cartes officielles sont parfaites pour se faire une idée). Le commissariat nord, plus ancien est totalement débordé et l'administration peine à choisir l'agent qui méritera sa promotion à la tête du nouveau bâtiment. 
Au départ, les PJs emménagent donc dans un ancien salon de beauté séquestré en raison du nombre de canapés collants de l'arrière-boutique. Ils ont comme matériel un ordinateur très volumineux et bruyant (et très mauvais), une enseigne "Condor" à fixer eux-mêmes. Du ruban adhésif, une agrafeuse, une troutrouteuse, des dossiers suspendus, un presse-papier, etc. Dehors, le quartier - outre ses dealers, ses citoyens mesquins et ses bouibouis à la sauvette - sent globalement la marée et les poubelles. Il sent aussi les fast-foods, qui de toute façon dégagent une odeur de marée et de poubelle. (on notera que la marée sent le fast food et la poubelle et que ces dernières sentent globalement le fast food et la marée).
Les PJs pourront profiter de leur première journée pour découvrir le quartier (toute patrouille leur vaudra A) de pouvoir trouver l'entier du catalogue des infractions en travail pratique B) de faire disparaitre leurs portefeuilles). L'autochtone est globalement prêt à payer les amendes de quelques dollars si ça lui épargne des tracas.
Il faudra aussi dégoter à manger. Heureusement, les odeurs prouvent qu'il n'est pas difficile de trouver des Pizzas (par chance les petits panneaux vous renseignent sur le fait que cette chose n'est pas une roue de secoure, mais bien de la nourriture). Le menu comprend généralement une canette de SlurpSoda. On trouve également des camionnettes de livraison aux couleurs (flashies) de la boisson.
La première nuit sera calme aucun problème là dessus.
La seconde journée sera à l'image de la première. En plus la secrétaire en chef du commissariat nord (un chignon surmontant une petite femme sèche sortie d'une Vespa avec pas mal de roues à l'arrière et une petite cabine. Vous savez, ces véhicules que les Italiens possèdent en dépit de tout bon sens.) La secrétaire, donc, passera donner du matériel supplémentaire : deux tonnes et demie de paperasse. Il y a des formulaires pour un peu tout ce qu'on veut. Elle en profitera pour critiquer les agents sur leur tenue, celle de l'immeuble, leur méthode de travail ou la météo. Elle rappellera aussi qu'un bon Agent regarde les nouvelles, non mais.
La nuit venue, les PJs sont réveillés par des bruits venant de la rue. Une horde d'individus, les bras en avant, errent en balbutiant "...veau". Les frapper ne sert à rien. Leur tirer dessus est cruel. Appeler l'ambulance pour cause de zombification de la population déclenche l'hilarité du téléphoniste. Notez que les individus ne sont en rien agressifs et renteront chez eux avant le levé du soleil.
Durant la journée du lendemain, tout est normal. Toute demande de renfort, surtout pour cause de zombies, ne donnera aucune suite. Si les PJs demandent du matériel, la secrétaire passera leur fournir un pot à crayon, une nouvelle troutrouteuse et plusieurs excellents presse-papiers. Avec du matériel à la pointe comme celui-ci, les joueurs sont parés.
Un élément devrait attirer leur attention dans la matinée : un jeune garçon - enrobé - hurle sur une camionnette "Arrête-toi espèce de connard ! J'en veux moi !". Le garçonnet - peu poli - sera ravi que la Condor l'aide à se procurer une canette de SlurpSoda. Il s'appelle Eric et vient du Colorado*** comme touriste avec un porte-monnaie très bien garni de dollar NAUS et (pour l'instant) n'a rien à se reprocher. (il a naturellement volé l'argent de sa mère, mais n'en soufflera pas un mot)
Plus tard, vers la toute fin d'après midi, il vient au commissariat déclarant être gravement blessé au cul et voulant avoir un traitement au plus vite. Un passage chez le pharmacien et hop le voilà vacciné par un astucieux produit fabriqué par la fameuse Société Anonyme pour le Traitement des Affaires Normales. Notons que le produit existe aussi en suppositoire pour usage quotidien, très en vogue dans le quartier plutôt peu friqué. 
Le lendemain matin, si les joueurs n'ont pas été réveillés par des Zombis, les nouvelles sont plutôt pénibles : la synagogue à deux pas à été incendiée. Les pompiers sont catégoriques : on a versé du napalm et mis le feu au briquet, ce qui a gravement brûlé le type qui devait être suicidaire. 

La fin à donner à ce scénario va grandement dépendre des actions de vos joueurs. Je vous donne donc la trame qu'il vous faudra utiliser pour résoudre les actions de vos joueurs.

La Société Anonyme pour le Traitement des Affaires Normales (SATAN pour les intimes) a fabriqué des suppositoires (les Suppos de SATAN, pour ces mêmes intimes****) pour problèmes rectaux - provoqués en masse par le SlurpSoda. La particularité taquine de ces médicaments est de zombifier les individus qui se comportent normalement de jour. De nuit, ils cherchent un caniveau pour s'y tremper.  Néanmoins un cafouillage à la firme a fait mettre par erreur dans les vaccins non pas le Zombifiant mais le produit permettant de contrôler les zombis. Eric Cartman ne s'y attendait pas, mais - malin comme on le connait - s'en est vite aperçu et en a profité pour envoyer son armée morte-vivante-ou-presque attaquer ses boucs-émissaires de longue date, les Juifs. 

Les PJs devraient assez rapidement faire le lien entre les pièces du puzzle et peuvent par exemple arrêter le gamin de jour ou se faire eux-mêmes vacciner pour contrôler les zombies. L'aventure ne devrait - contre toute attente - pas dégénérer en sauvetage-de-planète-et-attaque-sur-les-usines-russes. Les PJs sont des épaves que leur hiérarchie méprise, ils ont peu ou pas d'armes et déclenchant invariablement l'hilarité avec leurs histoires de resident-Evil. Si vos joueurs tiennent à localiser la SATAN et à la faire sauter, faites leur plaisir, mais ramener Cartman à South Park et veiller à mettre le stock de Suppos de SATAN à la poubelle devrait constituer une fin tout à fait convaincante.
MJ



* SOT 5 étoiles, définition. Système alternatif pour Tigres Volants actuellement en bêta test.

** J'ai hésité à vous les stripper, mais elles s'y prêtaient peu.

*** Oui, c'est lui.

**** Je vous raconte pas la crise de fou rire de la tablée qui se rend compte elle-même du jeu de mots débile.

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