26 avril 2011

L'homme bicentenaire

L'homme bicentenaire est un film de science-fiction sorti en 1999, basé sur le roman éponyme d'Isaac Asimov. Et quel film ! Il m'a profondément touché, j'en ai eu l'impression qu'il jouait avec mes émotions comme un violoniste de son instrument. 

Je n'ai pas (encore) lu le roman, mais peut déjà dire que l'œuvre est on ne peut plus fidèle à l'esprit Asimov. S'il commence en 2005, la société présentée est totalement calquée sur les années 50 puis l'on voit le monde évoluer, les cités devenir tentaculaires au fil des années, les véhicules deviennent électriques puis volants. Les robots disparaissent petit à petit des rues et le monde s'unifie sous un gouvernement mondial.

Comme toujours avec Asimov, on écrit des robots, mais on parle d'Hommes. C'est d'ailleurs une prouesse littéraire qui me semble impossible : les robots sont toujours purement mathématiques et malgré cela c'est invariablement l'humanité qui est traitée. 

Côté casting, nous sommes gâtés puisque Sam Neill, Robin Williams et Embeth Davidtz constituent le fer de lance. Les jeux d'acteurs sont d'une extrême sensibilité et on passe des larmes au rire sans avoir le temps de dire l'on est heureux de pouvoir servir. La musique de James Horner y est peut-être aussi pour quelque chose. 

C'est certes très subjectif, mais je crois avoir affaire là au meilleur film qui m'ait été donné de voir. Regardez-le, c'est une merveille. Oui, il y a un problème : le DVD n'est plus gravé et personne n'a eu l'idée de le faire en BlueRay Disc, les solutions pour l'obtenir sont de peer en peer. 
MJ

24 avril 2011

Joyeuse Pâque

Amis lecteurs, je vous souhaite un joyeux dimanche de Pâque. 

Une perle de la maison rien que pour vous : 
- ça correspond à quoi Pâque en fait ?
- la résurrection
- ah ? Simplement ?
- je te trouve bien blasé !
MJ

23 avril 2011

CARGO

J'ai décrété il y a quelques jours déjà que l'été est maintenant bien trop chaud et qu'on peut gentiment passer à l'automne et enfin à l'hiver. Oui, j'aime l'hiver, j'aime le froid, j'aime la neige. 

Pardon ? Ah, vous vous en fichez éperdument et vous ne comprenez pas le rapport avec le titre. J'y viens.

CARGO est un filme de Science-Fiction suisse. Pour ceux qui assimilent le cinéma suisse à quelques films d'auteur et un dessin animé qui ne sortira finalement pas faute de budget, accrochez-vous, car CARGO est une petite merveille.

C'est donc hier soir que j'ai pu visionner l'objet et j'en ai tiré une satisfaction incroyable. Les ambiances sont extrêmement lourdes, plusieurs décors - réels ou en image de synthèse - magnifiques vous plongent dans cet univers claustrophobe. Les publicités sont invariablement pour des entreprises suisses, preuve que notre industrie sait se mettre sous une bannière quand elle en voit une. Et puis, qui n'a pas rêvé d'avoir une héroïne chouquette en pull-over avec un bonnet de laine et une écharpe dans un vaisseau ou il neige*. 

Ladite Laura Portmann - docteur - embarque sur un vaisseau cargo pour pouvoir payer son voyage vers Rhéa, l'unique planète habitable dans un univers ou l'homme a rendu la terre inhabitable à force de pollution et habite désormais dans quelques stations spatiales surpeuplées; c'est un futur proche ou les déplacements dans l'espace se font avec des scaphandres semblables aux actuels et où les trajets des vaisseaux prennent des années. Durant le voyage, alors que menace le terrorisme des luddites il devient évident que le cargo abrite quelque chose.

Ce film est une fable écologique revisitée qui prend place un sacré bout en avant d'Avatar du point de vue de la réflexion. (Attention, ça spoil) montrant que la colonisation de mondes de rechange n'est qu'un mirage, CARGO ne place ses espoirs que sur la petite Terre, dont il faut prendre soin.

J'ai véritablement adoré ce film qui est une merveille de Science-Fiction qui nourrira mon imagination scénaristique pendant un moment. Ah, j'allais oublier un petit détail : l'unique langue disponible est l'allemand. En l'achetant, je n'avais pas imaginé une seconde qu'il n'était pas doublé, je n'avais pas non plus imaginé qu'un film suisse pouvait être un film suisse-allemand. Eh bien ça dérange pas.

Si on voulait critiquer quelque chose, il y a le fait que la soute se pressurise miraculeusement alors qu'on voit que le chargement se fait dans l'espace. C'est une jolie incohérence, mais bon, le reste est très excellent : va pour cette fois.
MJ



* Ah ? Je suis le seul ?

22 avril 2011

Tu vas rire : un flyer Greenpeace

C'est ce qu'on m'a dit avant hier en me tendant l'objet, fraichement sorti de la boîte aux lettres. Trois pages et un petit volet rose qui n'a rien d'érotique sur, vous savez quoi ? Le nucléaire. 

Qu'on soit antinucléaire, pas de problème, chacun ses idées pour l'avenir, le but étant qu'il soit radieux. 
Qu'on déforeste quelques hectares pour faire passer ses idées, j'ai plus de peine, mais bon Laredoute fait pareil.
Qu'on profite d'une catastrophe, je trouve cela pas classe, mais d'aucuns dirait qu'à quelque chose malheur est bon.
Non, là où j'ai plus de mal c'est quand on écrit des mensonges pour faire passer ses idées. C'est plus fort que moi, c'est viscéral. Tout le monde à droit à l'erreur, mais là c'est quand même fort. Allons-y :

"Greenpeace est bouleversée par la catastrophe au Japon et exige que les conséquences de ce terrible événement soient immédiatement tirées"
- Une ONG n'a aucun pouvoir pour exiger. Le terme est déplacé. Je sais c'est de la rhétorique, et bien justement autant la faire bien.

 "Les responsables politiques et les exploitants des centrales ne cessent de répéter que la situation en Suisse n'est en rien comparable avec Fukushima. La vérité est que la Suisse a le parc électronucléaire le plus âgé du monde."
- Alors, voyons les âges de nos centrales : Beznau 1969, Mühleberg 1972, Gösgen 1979, Leibstadt 1984. Et bien il se trouve qu'il existe des réacteurs plus anciens actuellement en service par exemple Oldbury 1968 en Angleterre. (Excusez moi de ne pas multiplier les exemples, il y a plus de 400 réacteurs civils je vais pas me renseigner sur tous non plus), je reconnais néanmoins qu'il date pas d'hier.

"La vérité est que la centrale nucléaire de Mühleberg est du même type et du même fabricant que celle de Fukushima"
- Et alors ? Ça prouve que - comme c'est un réacteur à eau bouillante comme beaucoup de réacteurs civils - nous sommes mal en cas de Tsunami ?

"elle est située en contrebas d'un lac de retenue d'un barrage en béton datant de 1920, qui constitue un risque supplémentaire en cas de tremblement de terre."
- Nous touchons ici à de la désinformation pure et simple : la centrale hydro-électrique de Mühleberg a un dénivelé de 20m, personne a dit le contraire, je le sais, mais le mot barrage sous-entend fortement un ouvrage massif type poids ou voute quand nous n'avons ici qu'un charmant petit ouvrage pour lequel je vous joins une image (issue de Google Earth). Par ce que, bon, tôt ou tard il faudra bien la produire cette électricité, par un procédé ou un autre. 

- Et puis surtout, il y a cette jolie question des séismes, tremblez, citoyen helvète ! Je vais faire simple et vous donner une jolie carte faite à l'aide de l'atlas statistique suisse. Vous y voyez les différentes centrales et les séismes grosso modo du millénaire passé, j'attire votre attention sur le fait que ce sont les gros roses pâles qui sont importants (magnitude proche de 7. Pour ceux qui se demandent comment il est possible de quantifier ceux du Bas Moyen Âge, apprenez que c'est un métier à part entière, comprenant de l'archéologie et des études en archives. Eh oui, à toutes les époques les événements sismiques ont été perçus comme assez importants pour que les chroniqueurs en parlent. Finalement, à ceux qui argumentent que les analyses de risque* ne tiennent pas compte des incertitudes, qu'une prévision de 7 peut très facilement être 8 je vous rappelle que l'échelle de Richter est exponentielle. Si nos spécialistes de risque ont des incertitudes de 1000%, il est grand temps de s'inquiéter, j'avoue. Voilà, donc la question sismique/nucléaire Suisse est simplement hors de propos.

"l'énergie éolienne pourrait couvrir 12% des besoins mondiaux en électricité d'ici 2020. La Chine agit déjà et met en œuvre les mesures de l'étude. En 2010, elle a détrôné l'Allemagne en tête des utilisateurs de l'énergie éolienne"
- Aaah ! La Chine. Il se trouve que j'ai passé l'été dernier à lire sur le sujet, heureux hasard non ? Il se trouve aussi que Frank Haugwitz nous apprend que plus de 70% de l'électricité chinoise est produite avec du charbon en 2008, amusant non ? Si le gouvernement dit vouloir "développer vigoureusement les énergies renouvelables",  (J'ai toujours aimé les formulations chinoises) cela ne l'empêche pas d'avoir plus de 20 réacteurs en construction et une cinquantaine d'autres planifiés en codéveloppement avec la France pour les plus puissants (1000 à 1500 MW) et en solo pour celles de moyenne puissance (300 MW), selon François Lafargue.

"Des besoins énergétiques de 2000 watts par habitant et par année doivent être l'objectif à long terme suisse."
- C'est un objectif et par là même arbitraire, on ne peut pas dire grand-chose, mais comme ils le disent "Cela suppose de réduire à deux tiers les besoins actuels". Sachant que les besoins n'ont jamais cessé d'augmenter, viser une stabilisation serait déjà presque une utopie. 

"Construire de nouvelles centrales reviendrait à consacrer des milliards à une technologie dépassée."
- Il faudrait en parler à l'institut de Génie Atomique de l'EPFL, ça les amuserait peut-être. Plus sérieusement, on joue là au jeu du sourd : Greenpeace possède des spécialistes qui savent parfaitement quelles sont les innovations des dernières années (id est la troisième génération) et les prochaines (la quatrième génération) à l'horizon 2030 (non, je ne parlerai pas d'antimatière et de fusion). 

"Les étapes d'une sortie ordonnée du nucléaire" : "... l'Inspection de sécurité du nucléaire procède au réexamen de la sécurité des centrales nucléaires suisses. Par mesure de précaution, ils mettent hors service la centrale de Mühleberg ..."
- Amusant, non seulement les conclusions du réexamen sont imposées à l'avance, mais en plus on fait une sortie ordonnée en mettant hors service une centrale en une saison. Côté alimentation c'est "prince des ténèbres"** ?

Voilà le topo, quelques imprécisions judicieusement placées, une ou deux erreurs plus grossières et de jolis  autogoals. Comme pour beaucoup d'individus ayant des actions politiques, on joue sur la peur pour calmer sa propre phobie. Naturellement, tout n'est pas à jeter, mais je n'aime pas du tout cette optique d'une fin justifiant les moyens.
MJ



* Je ne vous mets pas de carte desdites analyses de risque : celles dont je dispose sont en cm/s^2 et donc inutiles aux non-spécialistes.
** référence geek à Cimcity.

21 avril 2011

Dark Heresy, première partie

Dimanche dernier fut l'occasion pour mon équipe et moi-même de tester le jeu Dark Heresy dont les livres ornent ma bibliothèque depuis quelques semaines, pour ma plus grande fierté, car ils sont très classieux.

Je ne vous parle pas du scénar maison, c'est déjà fait

Pour tous les autres sujets, je vous propose un compte-rendu sur la partie d'une part et (probablement plus intéressant) le jeu lui-même d'autre part.

Nous étions quatre, parmi lesquels figuraient Castor et President-Evil (que vous pouvez croiser sur ces pages), lesquels ont aimablement accepté d'être cités pour cet article. 

Je n'aime pas faire les choses à moitié, mais au contraire je suis un fanatique des émotions et des sentiments, c'est pourquoi de nombreux éléments d'ambiance ont été prévus pour renforcer le côté Inquisitorial. Pour dire vrai, cette image digne des téléfilms qu'on peut avoir du jeu de rôle n'aurait rien eu à envier à cette partie. L'éclairage à la bougie noire ou rouge. Plusieurs bâtons d'encens. Les musiques de Down of War, rehaussées des hymnes Templiers (Crucem sanctam subiit par exemple) et de Welcome to the Machine (si vous trouvez plus Adeptus Mechanicus, prévenez-moi). La cave aux murs rouges habituelle. Une carte tactique avec des ch'tites épingles. Un costume digne des commissaires de la Garde. Et, enfin, puisqu'il est impossible de faire commander à la FNAC un stroboscope qui figure dans leur catalogue, c'est Président Evil qui a mis la main à la pâte (de plastique) pour en bricoler un (dont le prototype est ci-contre).

Le résultat fut - je crois - extrêmement réussi. "les bougies, stroboscope et costume on amené un réel plus à l'immersion, en créant vraiment une ambiance à part" (Castor) "J'ai vraiment beaucoup aimé les bougies et l'encens pour donner un côté cathédral au jeu" (P.). Les omissions de chacun nous indiquant que tout le monde ne trouve pas l'inspiration au même endroit. La musique fut également appréciée "J'avais à plusieurs moments remarqué que les musiques s'intégraient parfaitement à l'ambiance, à l'action [...], pour un résultat magistral" (P.) J'ajouterai aux sceptiques : mettez de la musique dans vos jeux de rôle, vos joueurs y ont droit, et surtout choisissez à l'avance les pistes. 

Les personnages avaient été faits à l'avance en tête-à-tête avec moi (je n'ai jamais été du genre à laisser les joueurs faire leurs persos tout seuls). Le bilan fut aussi très positif : les règles de création sont très conviviales, permettent beaucoup de diversité - une diversité mesurée en fait. Warhammer V2 avait pour avantage de proposer des centaines de carrières et pour défaut de faire se ressembler comme deux gouttes d'ale soldats, spadassins, chasseurs de prime, écuyer, gardes ou autres gardes du corps. 
"[le système de création est] très cohérent avec les principes de recrutement de l'inquisition pour ce que j'en sais : on a recruté trois pelé de façons diverses et variées, et maintenant on les met ensemble et ils se démerdent" (C.) 

Je rebondis sur le jeu lui-même. Sa plus grande qualité je crois est de ne pas être un jeu de rôle Warhammer 40'000. J'ai lu des productions amateurs sur le sujet et - croyez-moi je n'aime pas être médisant sur du fan-made - c'était loin de donner envie. Trop général et abstrait, englobant joyeusement l'Adeptus Astartes, l'Adepta Sororitas et toutes sortes de Xenos pour faire des groupes d'aventuriers qui se trouvent dans les tavernes. Warhammer 40k est un univers prévu pour du Wargame, il s'adapte à merveille aux jeux vidéos, mais avait besoin de beaucoup de travail pour sortir Dark Heresy et les autres jeux, parus ou à venir. 
Ainsi donc, les joueurs savent presque d'instinct comment se situer dans leur environnement. Bon, j'avoue avoir rédigé des nouvelles d'introduction pour chaque perso. 

Le système ressemble à s'y méprendre à celui de Warhammer V2 (et donc à Warhammer V1, et donc à WJBF), mais cela ne doit pas nous tromper : de nombreux changements sont venus à notre aide. En fait, Warhammer V2 souffrait de nombreux petits défauts dus à la reprise de la V1 à laquelle on avait greffé des dizaines d'idées géniales. Comme Vista en fait. Dark Heresy a donc pu reprendre ces idées en adaptant le noyau pour ajouter la cohésion d'ensemble. C'est abstrait ? Quelques exemples :
Les compétences de sociabilité de W v2 touchaient [chiffre des dizaines] personnes. Qu''est-ce que le chiffre des dizaines sinon le Bonus de la caractéristique (à l'instar du Bonus de Force). Pourquoi diable la perception était sur l'intelligence ? Les soldats ont besoin d'un scribe pour désigner les cibles ? L'ajout de la caractéristique fut bienvenu. Et les folies qui augmentent inexorablement sans pour autant faire du perso un cleptomane-ivrogne-terrorisé par les lapins. Et la Force Mentale qui enfin agit sur le lancement de sorts. Bref, tout s'éclaire et le système paradoxalement se simplifie beaucoup.

Les règles de combat - sans être profondément remaniées - voient de nombreux changements pour intégrer les armes à distances (naturellement présente dans W v2, mais en nettement plus faible quantité). L'enrayement, les couverts, les portées remaniées, les règles de rafales. C'est simple et précis. 
On regrettera par contre quelques détails : la disparition des points de fortune au profit d'un système utilisation/dépense de points de destin. Le système de réactions, un peu inutile.

Autre critique, sur la profondeur de l'univers cette fois : "il est sombre et horrible. Mais je trouve qu'il manque de relief parce qu'il met un énorme accent sur un seul objet (ici la guerre) et l'utilise pour tenter d'expliquer tout un monde. Du coup il y a certains détails qui ne collent pas ou qu'on a de la peine à admettre. Parfois, ça donne l'impression d'une sorte de mur invisible qui sépare la partie construite de l'univers, prévue pour être éprouvée et creusée, d'une autre partie, qui contient les incohérences du monde et qu'on ne doit pas approcher" (P.) Je pense que Dark Heresy est en train de purger cela (au lance-flamme béni) comme je le disais plus haut, mais il semble que cet aspect reste pour l'instant (je pense possible que quelques parties dissipent cet effet, à suivre)

Conclusion : une partie sombre, horrible et géniale pour un jeu sombre, horrible et génial. Je ne suis pas dupe du plan marketing qui se cache derrière l'idée de faire plusieurs jeux intercompatibles avec plein de suppléments sur un même univers, mais si le travail est bien fait, contient du fluff bref, me permet de faire des parties où je déverse des émotions et sentiments sur mes joueurs, je congratule et recommande. 

Si quelqu'un veut ajouter quelque chose, la discussion est ouverte.
MJ

20 avril 2011

L'Ombre et le Prométhéum, un scénario pour Dark Heresy

Dimanche dernier fut l'occasion pour mon équipe et moi-même d'une première partie de Dark Heresy, laquelle fait l'objet d'un autre billet. Celui-ci est dédié au scénario que j'ai développé pour l'occasion. Pénible comme on me connaît, il m'était impossible de me contenter du scénario d'introduction proposé par le livre de base, lequel n'était selon moi pas très en phase avec l'univers de Warhammer 40'000. J'irai même jusqu'à dire que c'est le point faible de ce livre.

Quoi qu'il en soit, meilleur ou moins bon, vous trouverez ci-dessous le résumé de ma propre création : destinée à servir de partie d'introduction (quoique probablement valable pour toute autre équipe). Il est conçu pour présenter l'univers, les thèmes forts et peut constituer une base solide pour une campagne (pour des raisons évidentes de joueur trainant sur ces pages, je ne révèle rien de plus à ce sujet, mais un maître de jeu intéressé saura trouver mon adresse E-mail pour m'en demander plus).

En plus de l'introduction ci-dessous, le scénario entier est disponible en .pdf ici.
MJ
L'ombre et le prométhéum

Introduction :
Une aventure d'introduction pour Dark Heresy, destinée à poser l'univers, les thèmes et le système de règles. Aucun profil n'est donné pour les alliés et ennemis, le maître de jeu aura soin de les faire varier en fonction du nombre de joueurs impliqués.
Si votre maître de jeu compte vous faire jouer cette aventure, cessez immédiatement votre lecture, sous peine de vous ennuyer fermement durant votre prochaine séance.


Cadre de l'aventure :
Un inquisiteur est un homme seul. Aucun ne croît en la collaboration avec ses paires et rares sont les occasions de les confronter directement les uns aux autres. Ce manque de coordination va causer de nombreux troubles et les joueurs seront en première ligne. Les apparences joueront tour à tour contre chaque protagoniste et les joueurs risquent eux aussi de vouloir purifier tout le monde en criant Hérétique.

Résumé de l'aventure :
Première partie :
N'ayant encore jamais rencontré l'inquisiteur en personne et sans aucune expérience des pratiques inquisitoriales, les acolytes vont devoir intervenir en toute urgence et avec discrétion. L'information vient d'être décryptée; un groupe de purge va cibler une secte dans quelques heures, réduisant à néant des années de compilation d'information sur ses agissements à grande échelle. Les acolytes doivent donc agir rapidement pour protéger la secte, capturer autant de ses membres que possible et récupérer le plus possible d'objets pouvant permettre à posteriori des déductions. Ceci devant se faire en limitant au stricte minimum les pertes inquisitoriales de part et d'autre. Cette partie se conclut avec une bataille épique !

Seconde partie :
Indépendamment des résultats des acolytes, ils retourneront à la citadelle inquisitoriale pour y subir un examen et profiter d'un minimum de repos pendant que d'autres prennent la relève. C'est à ce moment qu'ils seront capturés par les acolytes de l'inquisiteur ayant lancé l'opération de purge. Ils vont connaître plusieurs heures d'examen. Les questions seront également très pointues, cherchant inlassablement une faille prouvant une hérésie. La torture sera naturellement l'étape suivante. Ce passage sera une véritable épreuve de foi pour les acolytes, qui pourront légitimement se poser des question sur les motivation de leur inquisitrice. Un acolyte de cette dernière sera la clef de leur libération, donnant lieu à une course-poursuite.

15 avril 2011

Strip' Warhammer II

Dans la droite ligne du Strip'Warhammer, voici quelques-unes des perles de mes biens chers joueurs dans feu notre campagne dans les Principautés Frontalières. La distribution est toujours la même.

Enjoy
MJ





14 avril 2011

Un lien entre climat et séismes

Je ne lis définitivement plus le 20minutes, mais c'est le plus grand des hasards qui m'a fait entrevoir le titre que lisait une passagère. Séismes et climat, un lien en train d'être démontré.

Vous me voyez venir ? Oui, je prends les armes contre ce torchon.

Nous allons commencer par la base de la base, un très bref cours de tectonique des plaques :
La croute terrestre est composée de plusieurs morceaux, appelés plaques tectoniques, se déplaçant les uns par rapport aux autres. Une marge est dite passive quand deux plaques de séparent, l'espace permet la formation de basaltes, un plancher océanique tout neuf. Lors d'une marge dite active, la plaque océanique la plus ancienne passe sous l'autre. Ce processus est lent et irrégulier : le système reste une majeure partie du temps bloqué par les frottements pour avancer par à-coup, provoquant un séisme. Parallèlement, le plissement des sédiments continentaux peut également causer de petites secousses. Les mouvements de ces plaques sont dus d'une part au poids du slab, c'est à dire au poids de la partie de la marge active en train de tomber dans la terre et accessoirement aux mouvements du manteau, donc aux mouvements des roches légèrement ductiles sous la croûte.

Oui, je généralise pas mal. Néanmoins, une première conclusion devrait vous venir à l'esprit : le réchauffement climatique, les déchets nucléaires, les bombes atomiques et la destruction de la couche d'ozone n'entrent pas en ligne de compte. L'homme est bien incapable d'interférer avec la tectonique des plaques*.

Maintenant, nous avons cet article du 20minutes dont nous ne savons que faire : "Des scientifiques australiens ont trouvé une explication climatique aux tremblements de terre...". En lisant l'article, on s'aperçoit déjà qu'il faut relativiser le titre monstrueusement : ce serait une possible théorie pour expliquer 20% du mouvement du continent Indien. On parle donc du moteur de mouvement et pas de séisme. Le lien est aussi proche qu'entre la puissance d'une locomotive et les dégâts d'un accident ferroviaire. Qui plus est, la théorie du slab ne fait actuellement toujours pas l'unanimité**. Cette quantification est donc au mieux une supposition hasardeuse.

Enfin, il faut noter les sources de l'article qui parle d'un "groupe de scientifiques australiens". En cherchant bien sur la page on trouve un copyright 2011 AFP. Tiens ? Aurait-on droit à du tangible ? Ah! Eh bien non, c'est l'abréviation de "Agence France-Presse". Donc non content de dire n'importe quoi, cet article n'est que le plagiat du n'importe quoi de quelqu'un d'autre.

Il faut peut-être dire qu'en Faculté de Géo-Sciences et de l'Environnement à Lausanne, nul n'a jamais trouvé un article de ce journal gratuit traitant d'environnement qui ne soit fait de divagations.*** C'est probablement par ce qu'on ne s'avance pas sur le reste, chaque faculté a le droit de rire. 
MJ




* D'aucun estiment que la somme des armes nucléaires stratégiques pourraient faire sauter la terre et la lune avec. Si quiconque à des chiffres sérieux à ce sujet, c'est pas demain la veille que nous allons les voir.

** Sans aller jusqu'à parler des théories puritaines Américaines (et de quelques autres) qui se résument plus ou moins à "Dieu créa la Terre", certains préfèrent faire passer l'advection (donc ce mouvement de roche du manteau) en premier plan.

*** Notez que les commentaires de l'article contiennent des perles aussi. Vous êtes assis ? Alors lisez :
"La fonte des glaciers des pôles fait que la terre perd l'écrasement de ceux-ci La terre devenant plus ronde provoque des distentions ou compressions dans les plaques d'ou les séisme violents, faut s'attendre a d'autres évenements sismiques très violents surtout lors de la conjonction d'attirance de la lune et du soleil sur la terre." Tomy13

13 avril 2011

Les guerres de Wess'Har - la cité de perle

D'après vous, que se serait-il passé si Mission Basilic s'était déroulée sur Pandora ? C'est à un peu à cette question que Karen Traviss tente de répondre. 

Une expédition scientifique, escortée par une poignée de Marines se rend sur une planète paradisiaque éloignée pour retrouver une petite colonie humaine avec laquelle on a perdu tout contacte (distance oblige). Ils sont menés par une flic acerbe, pas féminine pour deux sous, mais diablement efficace avec beaucoup d'autorité. C'est un clone d'Honor Harrington, mais bon elle a un nom différent.

Je vais être honnête, je n'ai pas réellement apprécié cet ouvrage. L'auteur écrit du Star Wars* et ça ce sent : profusion de noms exotiques dont le but principal est de faire genre. Pour renforcer l'immersion, on ne les introduit pas et on ne met pas de lexique. La narration implique également des flashs blacks sans prévenir. Le but est probablement de représenter l'âme humaine torturée, mais l'effet est qu'on se demande surtout à quoi ça rime. Mon bilan personnel est que le premier tiers fut très peu immersif et je l'ai lu du bout des lèvres. Pourtant je vous assure que j'ai fait des efforts, l'ouvrage m'ayant été chaudement recommandé, pensez bien que c'est pas par plaisir que je l'ai pris en grippe**. Le second tiers relève la barre, notre petite communauté mène sa vie avec des renversements légers, mais prenants. La fin du bouquin détonne beaucoup, car l'action y prend de l'importance, mais paradoxalement des longueurs parviennent tout de même à s'y loger.

Ma conclusion est donc plus que mitigé. C'est une fable écologiste engagée qui nous est servie sur un plateau, avec des inspirations on ne peut plus marquées et une écriture franchement moyenne. Notez que c'est peut -être le traducteur, mais je considère que cela revient au même. Les Pratchett sont des exemples extrêmes que des traducteurs peuvent être excellents. La fin de l'histoire ne laisse pas augurer une suite intéressante et il est donc peu probable que je fasse l'effort de lire la suite, surtout quand il y a autant d'auteurs de science-fiction qui se battent pour figurer dans ma bibliothèque. De la même manière, je ne vous recommanderai pas cet ouvrage, ami lecteur.
MJ


* Entre autres le scénario du dessin animé Clone Wars.
** En fait, on me l'a recommandé, j'ai lu le quatrième de couverture et l'ai trouvé très mauvais. Une vendeuse passant par là m'a dit que si celui-ci était bel et bien moyen, l'intérieur du livre était bon. (Comme les noix je crois. Sauf que je n'aime pas les noix non plus.)

11 avril 2011

Retour sur un produit ménager : Durgol

(Non, LeParavent n'a pas peur du ridicule, ni des tâches ménagères.)

C'est une marque Suisse. Durgol Express, autoproclamé le roi des anti-calcaires.

Et bien je ne vous recommande pas de l'utiliser sans gants. C'est une araignée *qui en a fait les frais, mon instinct me disait que - en l'absence de tout autre arme - le Durgol ferait un pis aller acceptable.

Et bien j'ai eu du pif : figurez vous que la bête fut foudroyée aussi bien qu'avec une balle de pistolet. Décès instantané.

Voilà. C'est pas transcendant, mais bon ça m'a amusé.
MJ
 
* Laquelle avait une taille respectable pour une marque Européenne.

9 avril 2011

Black Prophecy

Vous n'imaginez pas à quel point je suis déçu. 

Black Prophecy est un MMORPG gratuit qui a pour particularité de vous mettre dans la peau d'un pilote de vaisseau de combat. Après une première mission en tant que canonnier sur une tourelle de défense (vous apprenant à viser de manière balistique) vous prenez les commandes d'un chasseur et allez pouvoir dessouder au fil de l'aventure bien des adversaires dans de magnifiques environnements en trois dimensions. Bases spatiales complexes, champs de comètes glacées, zone de débris, l'espace est loin d'être vide et vous aurez à jouer avec ces éléments pour semer vos poursuivants tout en alignant les chasseurs ennemis. Parfois il vous faudra détruire des croiseurs sur lesquels vos armes seront sans effet, hormis sur certains points spécifiques (générateurs de boucliers, tourelles, portes de soutes). 

Franchement j'ai été bluffé. Le gameplay ne ressemble en rien à un MMORPG, les graphismes sont authentiquement à couper le souffle (et la carte graphique de mon vieux Tesla), les musiques sont grandioses, de prime abord, on peine à trouver des défauts.

De prime abord ...

Pour commencer, le PNJ m'ayant donné la première quête a refusé de la valider. Eh! Je suis pas manche quand même, cliquer sur terminer quand tous les objectifs sont remplis devrait être à ma mesure. Figurez-vous qu'après moult tentatives j'ai refait un compte et depuis aucun problème!

Du moins à ce sujet ...

Quelques missions excellentes plus tard, je dois faire une série de quêtes pour finalement fuir un champ d'astéroïdes. Après quatre essais ratés (pour lesquels il faut se taper la série de quêtes chaque fois avec les cinématiques (mangifiques) entre-deux) je tente quelque chose : virer l'armement de pointe et le bouclier de mon vaisseau. Et voilà! La masse de mon chasseur était telle que son accélération ne lui permettait pas d'accomplir l'objectif. C'est pas malin tout de même.

Et si c'était que ça ...

Après une bataille de grande envergure mémorable, je choisis l'une des deux factions (Génides, les humains bioaméliorés ou Tyi, les humains cybernétiques) pour arriver dans le jeu à proprement parler. Jusqu'ici, il y avait bien quelques zones de quêtes ouvertes, une station spatiale avec les PNJ et des instances pour les missions. (Visiblement, l'histoire se fait toujours en instance et seul. Ce n'est pas plus mal, mais d'aucuns trouveront que pour un MMO ...)

Dès cet instant, je vous le dis, ce jeu est un free MMORPG pourrave comme tous les free MMORPG. Deux quêtes et demie qui se courent après dans une zone ouverte ou les premiers joueurs lvl 10 vous démontent la tête alors que les lagg vous empêchent ne serait-ce que de voir votre santé descendre.

Et surtout ...

Le malus de mort. Mais bon sang les développeurs ont quoi dans la caboche ? Ils le savent que ces systèmes de malus qui durent des minutes et des minutes après le trépas ont transformé les meilleurs titres en bouses injouables ?! Vous avez envie vous d'aller avec -30% aux dégâts, au bouclier et au blindage partir à la chasse aux joueurs qui vous ont mis dans cet état ? 

Conclusion, je ne vous recommande pas Black Prophecy. Il est très beau, mais c'est absolument tout ce qu'il a pour lui.
MJ

6 avril 2011

Dawn of War II : Retribution

Le monde entier fut fébrile lorsque pour la première fois on entendit parler de Retribution, l'extension (stand alone) de Dawn of War II, et ce, tout particulièrement lorsqu'on vit le i de Retribution prendre la forme du sceau de la Sainte Inquisition. Votre serviteur n'a donc eu d'autre choix que de se procurer la bête et de la tester pour vous.

Au menu nous retrouvons les quatre races de DOW II (Spaces-Marines, Orks, Eldars et nos amis les Tyranides), plus celle de l'extension (stand alone aussi) Chaos Rising (les fameux Marines du Chaos) auxquels s'ajoute une nouvelle armée j'ai nommé la Garde Impériale. 

Mais où est donc passée l'Inquisition promise ? Il semble que THQ ait préféré nous mettre la GImp, faisant de l'inquisition un élément en toile de fond et accessoirement un héros secondaire pour la nouvelle armée. Disons tout de suite que c'est un choix qui se défend. Bien que j'aie trouvé dommage de ne pas pouvoir aligner l'Adepta Sororitas, les Chevaliers Gris ou encore les équipes d'extermination de la Deathwatch je ne vais pas râler de pouvoir enfin jouer mon armée favorite. 

Le jeu propose quatre modes : campagne, multi et un mode dernier survivant.

Commençons par ce dernier. Présent depuis Chaos Rising, il ajoute un nouveau héros (le général de la garde) et plusieurs maps. Autant ce mode est génial, autant il aurait été possible de le gonfler un petit peu, par exemple en ajoutant un second héros pour chaque armée, car - bien que chacun soit très customisable - la variété de skins est assez ténue. Autre critique : pourquoi on ne garde pas notre niveau de Chaos Rising ? J'avais monté un sorcier au lvl 20 et j'aurais bien aimé le retrouver.

Côté multi, pas grand-chose à dire. J'ai toujours trouvé qu'il était le moins intéressant. Oh, il est bien ficelé : très tactique avec énormément de microgestion, une gestion des ressources très bien faite (capturer des points disséminés à travers la carte, les tenir et essayer d'organiser sa production pour ne pas manquer de la ressource voulue. Oh et, pas besoin d'entrainer des péons.) Le multi est probablement le truc qui a été gonflé par cette extension avec de nouvelles unités, notamment les chars supers-lourds de fin de partie.

La campagne pour sa part a beaucoup évolué. Fini le scénario. Exit le choix de la mission. Y'a plus la customisation super-poussée. Désormais nous pouvons jouer avec chacune des six races (c'est bien) ... la même campagne (c'est mal). Je crois que c'est véritablement là que réside le problème. Ils ont voulu nous faire jouer toutes les races, mais ont cruellement manqué de temps pour le faire bien.

On suit donc le déroulement des missions (avec parfois une mission optionnelle) pour faire évoluer des héros sans charisme, aux dialogues rares et plats, doublés par deux individus pour tout le jeu, dans un arbre de compétence épuré. La gestion du ravitaillement (qui permettait d'utiliser les médikits, les grenades ou les charges de démolition) passe à la trappe au profit de la collecte de ressource permettant d'aligner des escouades de fantassins ou des blindés. C'est un changement radical pour un titre qui avait su s'affranchir du passé (et vas y qu'on construisait des casernes et des centrales électriques au milieu du champ de bataille) au profit d'une microgestion extrêmement poussée des quelques escouades de vaillants Marines.

Et bien ce déni de l'évolution je le regrette, car si Retribution n'est pas un mauvais titre en sois, il ne semble pas le moins du monde avoir sa place après DOW2 et Chaos Rising. Mais où est passée l'histoire que j'avais écrite durant les précédents opus ? Pour affronter le Chaos, mes hommes avaient sombré dans l'hérésie, Jonah Orion s'était sacrifié pour vaincre le démon et je devais partir dans une croisade de pénitence. Avec l'extension, nulle trace de mes hommes et Jonah se ballade comme si de rien était. Mais que fait l'Inquisition ??

Côté technique, ça n'a pas bougé d'un pouce. Les musiques sont les mêmes - c'est à dire magnifiques. Le moteur graphique aussi - c'est à dire magnifique, mais aimerait bien un refresh pour les années à venir. La modélisation des nouvelles unités, si elle n'est pas mauvaise montre un manque de temps : les canons lasers ont souvent un rayon qui sort en faisant un angle avec la bouche du canon*. Enfin il y a Games for Windows - LIVE, qui à lui seul vous fais regretter de pas avoir piraté le jeu tant il est pénible de lui faire comprendre qu'on a payé. Comme punkbuster, ce logiciel est un boulet dont personne ne peut expliquer la raison d'être.

Voilà le topo. Je suis un peu déçu tout de même, car j'attendais mieux. Beaucoup mieux. Il faut croire que les Dawn of War n'aiment pas l'Inquisition**. Je vais donc conseiller ce jeu pour les causals gamers : il est simple, jouissif, bien construit à première vue et vite terminé, avec une rejouabilité faible (sauf si vous voulez faire six fois la même campagne pour en voir toutes les facettes). Au contraire je peux aussi le conseiller aux puristes masochistes qui, comme moi, doivent l'obtenir malgré ses défauts et les souffrances induites.
MJ


* Oui, je sais, c'est possible si le canon est dans l'eau et que ça fait de la diffraction, mais on va pas me dire que tous les canons lasers du jeu sont immergés quand même !
** L'extension Soulstorm avait aussi été très critiquée à l'époque.

4 avril 2011

Alors comme ça, les voilà revenus à l'âge du pétrole et du charbon ?

Dernièrement, Asimov s'est imposé dans mes divagations sur l'actualité. Les plus fanatiques auront reconnu la citation du titre  comme provenant du roman Fondation, qui traite de la régression humaine. Vous en voulez une autre à la dépotée ? Cadeau :
" [...] une centrale énergétique a vu son cœur fusionner par ce qu'elle avait été mal réparée, et le chancelier de l'Empire déplore que les techniciens qualifiés se fassent de plus en plus rares. Quelle solution recommande-t-il ? En former de nouveaux ? Jamais de la vie ! Non, il propose de limiter l'usage de l'énergie atomique."

Plusieurs différences notables sont à signaler avec le cas de Fukushima : il n'y a pas de fusion du cœur*, au contraire c'est un événement de type cataclysme naturel qui a endommagé des infrastructures secondaires de la centrale (les génératrices auxiliaires) il n'y a eu à proprement parler aucun problème technologique. Cependant cela suffit à remettre en question le bien-fondé du nucléaire.

J'avais entendu un politique suisse dire "il faut maintenant arriver rapidement à une solution intelligente" (citation de mémoire) or, profiter d'un événement ponctuel est tout sauf une "solution intelligente", c'est vouloir aboutir à son idéal au détriment d'un processus de réflexion.

Au contraire un professeur d'une école polytechnique avait déclaré "Il faut maintenant un débat sur l'énergie et sur le nucléaire. Dans cet ordre" (citation de mémoire). C'est d'autant plus vrai que les énergies renouvelables n'ont pas fait de réel progrès.** et que sortir du nucléaire signifie donc en grande partie recourir à des énergies polluantes. 
MJ



* Eh non. Les journalistes aiment à parler au quotidien de la fusion, mais il n'y a pas de fusion atomique, laquelle pour l'uranium demanderait une quantité d'énergie que je n'ose absolument pas imaginer. Il n'y a fusion qu'au sens d'un changement d'état de la matière.

** Quoi ? Allez-y, faites moi rire aux larmes, les centrales cerf-volant ? Tout au plus les hydroliennes ont-elles un avenir, mais s'il faut un courant sous-marin pour les utiliser, on est mal barrés en Suisse.

2 avril 2011

Qui a peur de l'homme Rom ?

À l'université de Lausanne, nous avons la chance inouïe d'avoir notre propre feuille de chou. Oh, nous avons bien l'Uniscope, mais les articles sont de qualité alors ça ne compte pas. Au contraire, l'Auditoire nous sert régulièrement des articles capables de détrôner ceux du 20 minutes, qui pourtant sont déjà des perles. 

Bon, je vais pas vous faire chaque article un par un, ce serait très long d'une part et puis c'est comme les faux raccords, on ne tire à boulets rouges sur les civils que semi-hebdomadairement.
"Qui a peur de l'homme Rom ?" est donc le titre d'un article. Je vous mets le début ? D'accord :
"Les Roms sont les premières victimes de nationalisme. Éjecté-e-s de partout, y compris et surtout de leurs pays d'origine, ils/elles font peur à tout le monde, et personne n'en veut. Synonyme de voleur/voleuse ou menteur-euse, le terme de Rom est souvent utilisé pour définir la cause de la plupart des maux européens."

Bon, c'est vrai que je ne sais pas ce qu'est un menteur-euse et puis, quitte à écrire moche, autant décider une bonne fois pour toutes si on veut mettre des barres de fractionnement ou des tirets. Mais on va pas s'attarder sur ce genre de détails, on en a déjà parlé.

Non, ce qui me fait vraiment rire c'est la faute de fond monstrueuse qui nous est servie dans la deuxième phrase de l'article. Allez, je vous pose la question : 
- Quels sont les pays d'origines des Roms ?

Roumanie ? TUUUUT ! raté. En Roumanie, la communauté Zigane est l'une des plus grandes minorités, mais, non, Rom n'est pas égal à Roumain. Allez, un petit effort ? 
- Géorgie, Turkménistan, Ukraine, Russie, Iran, Pologne ? Perdu. 
Ils n'ont pas de pays d'origine ! Ils s'en défendent eux-mêmes. Selon toute vraisemblance c'est à partir du bas moyen-âge qu'ils émigrent du nord de l'Inde.

Alors bon, l'article est bien gentil, mais il est coutume de chercher d'abord et de parler ensuite.
MJ