7 mars 2011

Vous aussi, ayez un boulot de planqué dans le Honorverse

Dans la série "j'essaie de comprendre pourquoi". La série Honor Harrington (David Weber) est simplement sublime. J'ai dévoré les premiers tomes (disponibles en poche, mais plus pour très longtemps) et médite l'acquisition des suivants (pas disponible en poche...). L'univers est très cohérent avec de sacrés relents hard science, je pense par exemple aux batailles spatiales ou les accélérations, vitesses de pointe, consommations d'énergie et temps de parcours des missiles sont chiffrés. Le pire, c'est que je suis certain que tous les calculs sont exempts de fautes. 

Mais un point reste pour moi à éclaircir : les effectifs des équipages des vaisseaux de guerre. Ils oscillent entre 150 (un croiseur léger) et 1500 (un supercuirassé). Penchons nous sur un cas concret (avec un microscopique spoil) : dans Mission Basilic (premier tome) on voit Honor aux commandes du HMS Intrépide, un croiseur léger. Outre le commandant, on détaille les officiers supérieurs : second, ingénieur-chef, navigateur, pilote, officier de transmission, fourrier et médecin de bord. Donc huit officiers aux fonctions bien déterminées. On ajoute à cela un capitaine, responsable du peloton de fusiliers de marine. Si on additionne le bosco, le quartier maître, les pilotes de pinasses (petites navettes d'interface), on atteindra grosso modo 60 personnes. Nous avons donc encore une marge de 90 marins à utiliser. 

Je ne discuterai pas sur un bateau à voile, il y a toujours quelque chose à faire, mais là vous allez pas me dire que les missiles de 80 tonnes (sic) sont chargés à la main dans les tubes, que les lasers doivent être orientés à manuellement contre le vaisseau désigné par le commandent ou encore que le carburant des centrales à fusion doit être géré par des types en combinaison de plomb ? En effet, l'informatique doit probablement gérer la majorité des instruments et des systèmes robotisés effectuer la quasi-intégralité des manipulations.  Le roman donne quelques indices : la chef-mécanicienne doit faire face à une situation ou les ateliers mécanisés de bord n'ont pas de schémas de construction pour les pièces voulues, de même certains transferts de matériel non planifiés initialement doivent être faits à l'ancienne. Si on ajoute que les membres d'équipages doivent avoir un tournus pour dormir, manger et se délasser, cela explique indubitablement une certaine part de ce sureffectif. 

Pour le reste, je suis pantois : la flotte royale manticorienne (et toutes les autres flottes) garderait des effectifs si élevés pour le "au cas où" ? Si on double les 60 personnes ci-dessus, on arrive tout de même à 20% des effectifs non expliqués, soit, avec quelques restructurations minimes, 25% de bâtiments opérationnels supplémentaires. Je vous laisse maintenant imaginer les mêmes calculs en se basant sur les 1500 à 1900 hommes d'un supercuirassé et me dire si vous arriver à trouver un job à chacun.

Donc je trouve une certaine différence ici entre les chiffres (Engagez-vous dans la flotte, c'est un job' de planqués !) et le texte (Argl ! Qu'est-ce qu'on morfle !). Ma conclusion est donc un appel généralisé à tous les lecteurs* : avez-vous une (ébauche d') explication ?
MJ

* Note pour mes joueurs : si (vraiment) vous deviez lire les Honor, merci de m'avertir. Comme je l'avais esquissé, le honorverse possède de gros morceaux qui compléteraient à merveille Mass Effect.

12 commentaires:

  1. Pour avoir une bonne base, il faudrait voir comment se compose l'équipage d'un navire de guerre de nos jours: http://fr.wikipedia.org/wiki/Navire_de_guerre

    Je suppose qu'il est toujours bon, surtout dans un vaisseau de combat, d'avoir une certaine redondance. Les accidents arrivent; les missiles à laser rayon X aussi.

    Il faut voir aussi que tout le monde n'est pas de quart en même temps et que l'expression même "de quart" signifie qu'il doit y avoir des roulements de 4x6 dans une journée standard, donc quatre membres d'équipage pour un poste donné (hors officiers de pont).

    RépondreSupprimer
  2. Alors concernant des navires contemporains, parfaitement d'accord. Cependant ces derniers ne sont de loin pas entièrement automati,sés comme doivent probablement l'être les vaisseaux du Honorverse. Exemple : a quoi servent les "artilleurs" des Grasers ? Il me semble que calculer l'angle à apporter à l'arme pour la braquer sur une cible désignée et envoyer l'énergie est à la portée de n'importe quel processeur.

    Quant au quart, ce sont bien des 4*6, mais les hommes ne devraient pas bosser que 6h par jour, mais prendre plusieurs quarts en une journée.

    Donc je suis assez d'accord avec toi, mais je ne sais pas si c'est suffisant pour expliquer ces effectifs pléthoriques.

    RépondreSupprimer
  3. Je soupçonne qu'il y a aussi une grosse composante sociale et politique: Manticore, à l'instar de beaucoup d'autres nations stellaires (à part peut-être les Solariens) utilise ses flottes stellaires comme moteur d'ascension sociale. C'est un moyen de se débarrasser (ou, à tout le moins, de canaliser) de gens remuants.

    Et puis n'oublions que, jusqu'à assez récemment dans la série, la technologie des nations stellaires était considérée comme "attardée" par les Solariens et d'autres. Donc l'automatisation n'est peut-être une option viable que depuis des temps récents -- pas assez pour que ce soit entré dans les moeurs.

    RépondreSupprimer
  4. Ah, tiens. Points de vue originaux. J'aime assez.

    Parallèlement, je me disais que la narration - centrée sur les "héros" (Honor et ses états majors) - n'aidait pas à comprendre les tâches de l'équipage, ces derniers n'ayant généralement droit à une focalisation que lorsqu'ils meurent pas centaine, qu'ils peuplent l'infirmerie ou qu'ils font des rapports d'avarie.

    RépondreSupprimer
  5. Note sur la note, pouvant être mal comprise : mes joueurs sont naturellement les bienvenus dans la discussion (puisqu'elle implique des considérations techniques et non seulement littéraires).

    RépondreSupprimer
  6. C'est assez heureux. Déjà que Weber, surtout sur les derniers bouquins, à tendance à écrire chiant, je préférerais qu'il ne s’appesantisse pas trop sur les détails de ce genre.

    C'est clair que, pour le world-building, c'est un peu dommage, mais bon. En calquant sur les navires de guerre actuels, plus ou moins automatisés, on peut se faire une idée.

    RépondreSupprimer
  7. Je te rejoins concernant la narration.

    Par contre, je sais pas trop pour les navires de guerre contemporains; ils ont des tonnages toujours plus faibles. Il n'y a guerre que le porte-avions qui embarque quantité de personnel. Les vaisseaux de ligne sont de moins en moins nombreux. La notion de supercurassé n'a jamais été envisagée dans de telles proportions. Prenons au hasard le cuirassé Yamato, belle bête tout de même, on est dans les 70 kilotonnes, 1% des supercuirassés manticoriens. Par contre l'honnêteté me pousse à reconnaitre qu'il embarquait dans les 3'000 hommes.

    RépondreSupprimer
  8. Sans avoir lu l'univers de Honor Harrington (et donc en me basant entièrement sur ce qui est dit dans cet article et les commentaires qui y sont attachés), je ne dirais pas forcément que les chiffres sont exagérés. Un croiseur léger doit avoir quoi, la taille d'un joli immeuble, peut-être plus, non? Un tel bâtiment doit être absolument ignoble à gérer et regorger de tâches, problèmes et autres dont on n'a même pas idée...

    Et je suis pas certain que l'automatisation poussée de ses systèmes soit une bonne idée. Confierais-tu la gestion des réacteurs à un système électronique sachant que, dans l'hypothèse ou par mesure de sécurité les réacteurs doivent être éteint et que le système le fait, il éteint par la même occasion sa source d'énergie? Rappelons que les machines font ce pour quoi elles sont programmées, et pas nécessairement ce qu'on voudrait qu'elles fassent.

    Sinon une petite reflexion reflexion à la volée concernant la note (et l'article "Qui est le rôliste parfait?"). Est-ce que le rôliste parfait n'est pas aussi celui qui a encore des choses à découvrir sur un univers? En opposition avec le nerd qui connait tout par coeur, jusqu'à la poussée du X-wings de star wars...

    RépondreSupprimer
  9. Ah, monsieur Evil, nous vous attendions, vous aussi.

    Pour la taille, je n'ai pas d'indication précise sous la main, mais ton estimation est valable, grosso-modo un bon gros immeuble.

    Concernant la ou les centrales à fusion, pour l'anecdote que j'aime beaucoup, on va même jusqu'à les éjecter hors du vaisseau en cas de problème majeur (ie : fusion non contrôlée suite à une avarie). C'est vrai que cette action ne doit se faire qu'après une rapide, mais intense réflexion.

    Pour terminer avec la philosophie rôlistique : je ne m'intéresse pas aux X-wings : le A-Wing est nettement mieux : deux moteurs Novaldex J-77 Event Horizon et un Hyperpropulseur Incom GBK-785 classe 1 pour une vitesse subluminique maximale de 120 MGLT, 300 km/h dans l'atmosphère.
    ^^

    La connaissance d'un univers est à double tranchant. Je le crois indispensable pour un Meujeu, hormis peut être si elle est relative (type disque-monde). Pour les joueurs, elle permet d'aller à chaque partie plus loin en s'appuyant sur les acquis pour se situer dans l'univers et situer l'intrigue présentée par le scénar.
    Après il y a le comportement du correcteur potentiellement préjudiciable à l'ambiance et celle de l'éternel apprenti, contribue de l'enthousiasme.

    RépondreSupprimer
  10. Bonsoir, monsieur J, c'est toujours un plaisir de discuter avec vous.

    Par pur intérêt personnel, on fait quoi d'un vaisseau spatial sans réacteur à fusion? Comme ça, à vue de pif, 150 gars dans un immeuble ça me paraît correct comme appréciation...

    En ce qui concerne la connaissance des univers je pensais surtout que le fait que si les joueurs ne doivent pas feindre ignorer des informations, on améliore la qualité du jeu en général.

    RépondreSupprimer
  11. Un vaisseau sans réacteur à fusion, on le remorque on on remplace le bidule manquant sur place; le fait est que, si c'est le choix entre un vaisseau sans réacteur à fusion et beaucoup de chaleur et lumière, je sais ce que je choisis.

    RépondreSupprimer
  12. Notons que si le vaisseau doit larguer toutes ses centrales (hormis sur les plus petits vaisseaux, il y en a plusieurs), il faut espérer qu'il ait au moins un pote pour aller chercher un vaisseau susceptible de le remorquer, car les transmissions se font à la vitesse de la lumière. Suivant comment, c'est très lent la lumière...
    Après, c'est vrai qu'entre deux maux on choisit toujours le moindre, ou le moins immédiat. Surtout quand on est un PJ d'ailleurs.

    RépondreSupprimer