13 février 2011

Zigouiller ses joueurs

Le sadisme est une seconde nature chez un maître de jeu, du moins doit-il le faire croire. Car en réalité la mort du PJ est une chose que nous évitons à tout prix, pour une sorte de cohérence dramatique et pour favoriser le plaisir de jeu.

Eh bien, savez-vous que j'en suis revenu ? À vrai dire chercher à tuer ses PJs me semble être grandement bénéfique. Déjà je me suis débarrassé de mes insomnies. 

Pourquoi diable contredis-je une tradition ayant fait ses preuves ? C'est essentiellement une question de défi. Ma tablée n'est pas du style à se laisser aider par le Destin, je n'ai donc pas à contrer de tendance attentiste. Cependant j'aime mettre en place une difficulté réaliste, des combats rapides et mortels. C'est probablement également une question de système : Tigres Volants offre des Bonnes Nouvelles et Warhammer des points de fortune/de destin, ainsi pas de pitié, ces outils permettent aux infortunés joueurs de palier aux pires crasses. 

L'avantage qui en résulte est un défi tactique. Mes modifications de règles (à base de Von Krieglitz mod pour Warhammer et le SOT 5 étoiles pour Tigres Volants, coming soon) vont généralement dans le sens d'un défi tactique plus prononcé. Mes joueurs peuvent donc proclamer fièrement que s'ils ont vaincu, c'est en grande partie grâce à leurs cerveaux. Il faut dire également que les combats sont souvent ceux qu'ils choisissent. Comme leurs adversaires peuvent être retors, l'apprentissage est rapide : la violence peut résoudre très vite une situation, mais nuit gravement à la santé. Bref, vous voulez de la castagne, vous allez en avoir. À la limite, c'est une question de champ d'attente : si les joueurs partent dans les bas quartiers désosser une bande de truands, ce n’est pas pour que ces derniers retiennent leurs coups. Pire, s'ils prennent d'assaut un endroit réputé fort dangereux, c'est pas pour ne pas rencontrer de fosses à pique ou mines antipersonnelles.

Honnêtement j'ai toujours plus ou moins pratiqué cette philosophie (hormis peut être à mes débuts), mais  ce n'est que dernièrement que j'ai formalisé ma pensée, surtout face aux pertes encaissées lors des deux dernières parties, j'en ricane encore.
MJ

15 commentaires:

  1. MOI, ON A PAS MA PEAU.

    (Désolé pour les grandes majuscules la mise en forme des coms offre des possibilités très limitées...)

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  2. J'ai comme un trou de mémoire, tu pourrais me rappeler quel joueur s'est déjà choppé une folie, pour ma gouverne naturellement.

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  3. Je suis 100% d'accord et c'est ma philosophie !

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  4. Oui oui, je sais. Mais faut pas me gâcher mes petites joies non plus ^^. Parce que sinon tu peux encore retourner le couteau das la plaie en disant que mes derniers persos ce sont pris pas moins de 6 morts cliniques (réparties 4-2). Mais je sais pas pourquoi, je sens beaucoup mieux cette campagne... Change happens.

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  5. @ President Evil :
    Moi ? Oh, je m'en voudrais de gâcher les joies petites zougrandes de qui que ce soit.

    @ Onze :
    Je suis passé sur ton site et ai effectivement trouvé trace de cette philosophie. Je pense que nous différons sur certains points : je suis globalement contre toute restriction au pouvoir du MJ (moi) et tuer un perso dans un moment non héroïque me laisse moins de scrupules, même une flèche perdue de gobelin va très bien. haha!
    Contempler les points de vue rôlistiques - décidément - est une chose que j'aime faire et les tiens m'ont bien intéressés.

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  6. A part ça, si je peux me permettre de tenir un propos un tant soit peu sérieux-une fois n'est pas coutume-, je dirais que les systèmes de warhammer et de tigres volants sont sensiblement différents et ne se recoupent que dans la manière dont ils sont utilisés (et encore). En effet, les bonnes nouvelles nous font sortir du système pour prendre un cours instant le rôle de maître du jeu (Déhemme pour être précis). Mais son utilisation en temps que deus ex machina n'est de loin pas nécessaire, c'est même à mon sens bien plus fun d'en "gaspiller" pour réussir à gagner un concours ou que sais-je. Bien sûr qu'il est comfortable d'en garder une en stock pour le feu de l'action ; ).

    Tandis que dans Warhammer on sait à quoi s'en tenir avec les PF/PD. Relancer un dé ou échapper à la mort est très utile mais ça me semble un peu réducteur malgré tout. Personne n'est assuré de ne pas faire deux triple zéros de suite. Bref je trouve un côté très "utilitaire" au système qui lui enlève une partie du plaisir. Peut-être aussi que le côté décalé de la bonne nouvelle qui s'accorde si délicieusement avec Tigres Volants ne s'intégrerait pas dans Warhammer...

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  7. Je t'en prie, tiens donc. Ton avis m'est toujours profitable.
    Donc, oui c'est vrai que les deux sont très différents et ne se recoupent que par leur côté parachute possible.
    Les deux systèmes sont - comme tu le dis - des reflets de leurs univers respectifs. Celui de Warhammer côté combat simule très bien la réflexion du spadassin
    - on contourne l'adversaire, on lui fait une entaille sur le revers de l'épaule puis on l'achève d'une frappe verticale.
    Celui de Tigres Volants est très axé le perso, sa vie son oeuvre.
    - Je suis un bon escrimeur et grand connaisseur en histoire, me demandez pas trop pour le reste.

    Pour le côté réducteur du PF/PD, je ne sais pas : c'est très polyvalent quand même, bien que plus structuré. La voiturée peut témoigner que ton coup d'utiliser une demi-action supplémentaire pour être à portée de charge m'a impressionné et rassuré sur le fait que le Point de Fortune n'est pas seulement relancer les sorts et activer une parade désespérée.

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  8. Oui, mais dans l'auberge j'aurais fait absolument n'importe quoi pour pouvoir retourner une carte au bol de la pile du joueur et que ce soit le valet de pique. ^^ Les tricheurs sont si superstitieux...

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  9. Dans l'absolu, il y a une méthode : avoir une carte de valet de pique dans la manche et réussir un test d'escamotage.
    Après, les tricheurs sont superstitieux, mais également rarement à court de ressource, il aurait révélé la carte suivante, l'as de pique^^

    Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, mais si la bonne nouvelle permet d'arriver dans la chambre d'hôtel une blonde sous le bras pour enrager les autres persos, le point de fortune te permet de relancer ton jet de sociabilité. C'est certes moins puissant, mais il faut voir que la bonne nouvelle tu en as - en principe - une par partie, le point de fortune c'est - toujours selon ce principe - trois par jours.

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  10. @ MJ. Le plaisir est plus grand de tuer sans recourir à la suprématie du MJ mais en utilisant les memes armes que les PJs !

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  11. C'est justement là que nous différons légèrement. Tu as probablement une vision plus ludiste que moi. Les armes ne sont de toute façon pas les mêmes : le perso est seul, le MJ est l'infinité personnifiée. Pour ma part, je préfère une gestion un peu plus centrée sur les persos, ceci pour maximiser leur plaisir — le mien arrivant par corolaire. Par exemple en combat j'estime que pénaliser l'excès de confiance en soi peut générer plus d'émotion chez le joueur que le suivi à la lettre des règles. C'est peut-être une vision next-gen ?

    À nouveau, on se rend compte que le jeu de rôle est pluriel, en discuter me ravis toujours.

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  12. Cher MJ teste mon jeu (si tu en as les couilles). Je serais ravi de voir comment tu "perçois" les ondes

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  13. Je dis pas non par principe, mais je suis pas loin de le faire pour plusieurs raison :
    - le t'es pas cap' m'affecte peu
    - j'ai une campagne en cours et d'autres agendées
    - j'avais écris un article sur la compétitivité des univers qui se rappel à mon bon souvenir.

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  14. ouai'p :

    http://leparavent.blogspot.com/2010/10/de-la-competitivite-des-univers.html

    Qui, en deux mots, prétend qu'il est difficile de joueur à deux jeux de rôles semblables et qu'on reste facilement sur ses plates bandes.

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