20 janvier 2011

"Pour une protection face à la violence des armes"

Ma connexion internet réparée, je vais surfer - réagir plutôt - sur la vague des recommandations politiques au sujet de la prochaine votation suisse, après avoir lu des articles d'Alias ou de FredH.


Je m'assume donc j'annonce la couleur : votez NON !

Pourquoi ? C'est parti. On parle des mensonges des opposants, parlons de ceux du comité d'initiative : "Pour une protection face à la violence des armes" est un titre méchamment mensonger, car la relation cause à effet n'est certainement pas garantie. En Suisse le nombre de meurtres par balle par habitant est à un niveau très bas, toujours trop - on est d'accord - mais comparativement très bas. Reste à savoir s'il est lié aux armes d'ordonnances. Je n'ai pas trouvé de statistiques sérieuses sur le sujet, mais j'ai des doutes. Le sujet est donc fortement lié à l'émotivité de la population, mais son objectif est celui de la GSSA, qui ne cache au moins pas son ambition à long terme.

Je ne blâme donc pas cette initiative sous prétexte qu'elle n'interdit pas le port d'armes aux criminels, cela serait d'une absurdité sans nom. Cependant, son objectif n'est probablement pas si simple que celui annoncé et sur l'objectif - très noble - de la protection de la vie, elle mobilise des fonds qui aurait peu être plus profitable aux services hospitaliers par exemple.

Le point important concerne les suicides par balles, très médiatisées et dans des proportions normales en comparaison internationales. Peut-être faut-il faire un rappel : des individus psychologiquement instables ne sont pas acceptés au recrutement. Je ne dis pas qu'il n'est pas possible de devenir dépressif pendant son école de recrue, mais dans pareil cas on peut jouer à full métal jacket (kaboom dans les toilettes de la caserne) ou - comme tout le monde - profiter de l'ICN (le train à grande vitesse), lequel est actuellement le principal moyen de suicide. Je me demande bien pourquoi le GSSA ne prône pas l'installation de parois de verre sur les quais de gare.

Je termine par le chapitre tradition. (Ça y est, il y vient.) Certains tiennent aux traditions militaires, d'autres à celles d'accueil, certains encore aux horlogères ou bancaires. Pourquoi juger ? Cependant celle de l'arme d'ordonnance à la maison a peut-être un effet très bénéfique. Pourquoi avons-nous si peu de meurtres par balle ? Je pense que le respect de l'arme est un élément capital. Le citoyen apprend ce qu'est une arme, les dangers qui y sont liés, les consignes de sécurité, mais également sa symbolique. Nous sommes très loin du concept américain d'armement privé avec lequel on compare à tort le cas suisse. 

Cette initiative m'apparaît donc comme une arnaque. Au contraire je trouve que le système genevois - des arsenaux gratuits à la disposition des conscrits - est un entre-deux très convenable et un indicateur des tendances à long terme. 
MJ

4 commentaires:

  1. Tu as choisi de ne parler (presque) que du volet concernant les armes de services. Cela veut-il dire que le reste ne suscite pas de critique de ta part? Je vais essayer de me focaliser sur ce volet.
    J'avais été choqué en lisant la brochure officielle accompagnant le bulletin de vote, de constater que le Conseil fédéral (CF) opposé à cette initiative, ne justifiait à peu près pas son opposition. J'ai donc cherché désespérément des arguments objectivement valables contre cette initiative et n'en ai trouvé aucun en dehors du coût. (J'ai même constaté avec surprise que la position du CF exprimée dans son message au Parlement est beaucoup plus nuancée que dans la brochure, ce qui rends sa conclusion négative d'autant plus étonnante (feuille fédérale (FF) 2010 129ss)cf aussi ci-dessous. Même moi, qui ai le plus grand respect pour nos institutions, je me pose des questions!) Mais, c'est naturel lorsque l'on demande à l'Etat de faire quelque chose que ça coute. Dès lors, et tout le monde est d'accord là dessus, il s'agit de déterminer si ce coût est raisonnable et proportionnel.
    J'imagine que c'est à cela que se rapporte ton allusion aux hôpitaux, pas très pertinente p-q une grande partie de l'administration et du droit vise plus ou moins directement la protection de la santé et de la vie. l'objectif de l'initiative est préventif, contre la menace éventuelle d'une arme ou le résultat de son utilisation : la mort.
    La conservation des armes de service couterait selon le CF 4,9 millions une fois et 2,8 par an (FF 2010 150) où CF nous donne l'impression qu'un fonctionnaire fédéral est payé 100fr/h ;) c'est pas la ruine?

    L'argument principal des opposants, que tu reprends est que les propositions de l'initiative n'auraient pas de résultat, mais personne n'est capable de le justifier! Le CF reconnaît que l'initiative va dans le même sens (quoique plus loin) et vers le même but que les modifications de la loi sur les armes de 1999 qui ont permis de réduire de ½ les décès par arme à feu (communiqué de M. Burkhalter, admin.ch). Le CF reconnaît même qu'"On peut s’attendre à ce qu’un accès limité se traduise par la réduction et la prévention de la violence domestique" (FF 2010 149) Ce thème à mon avis fondamental a simplement été passé sous silence dans la brochure. Comment peut-on donc sérieusement affirmer d'emblée qu'elle n'aura pas de résultats?!
    Pour ce qui des armes de services on avance 40% des suicides par armes (http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/la_suisse_des_records/records_d_europe/Suicides_par_balle,_le_record_dont_personne_n_est_fier.html?cid=8476506) Et il est indéniable que des personnes se sentent menacées par la présence d'une arme (souvent de service, car même si en principe il y a pas de balles on sait que c'est assez facile d'en ramener) De plus le CF indique (ce que nul ne répercute!) qu'il prépare de nouvelles restrictions pour l'usage des armes de services (FF 2010 151) ce qui indique bien qu'il y a un problème!

    RépondreSupprimer
  2. Suite et fin...

    Au sujet des objectifs plus ou moins cachés, qui n'en a pas? Et il n'y a pas, loin s'en faut, que des antimilitaristes qui soutiennent cette initiative. Pour le GSSA c'est peut-être un pas vers l'abolition de l'armée d'autres y voient autre chose.

    Comme d'autres opposants, tu pars du point de vue que les « bons citoyens » sont raisonnables et qu'il faut seulement leur apprendre « un usage responsable » des armes. On reproche à l'initiative de ne pas en parler pourquoi? En effet, l'initiative ne prétends pas remplacer tout le droit sur les armes et apporter une solution définitive et globale au problème! Rien n'empêche l'Etat de poursuivre sur cette voie, si c'est nécessaire. Cet apprentissage doit à mon avis être réservé à ceux qui ont besoin des armes (chasseurs, policiers, soldats...) c'est donc avec raison que l'initiative renforce les conditions pour obtenir une arme (besoin, capacités). Pour ce qui est des armes de service, n'apprend-on pas cela suffisamment à l'armée?
    La solution « genevoise » m'apparaît à moi comme un premier pas (gagné de haute lutte) mais sans impact. En effet, les soldats qui auraient tendance à menacer (plutôt théoriquement) d'utiliser leur arme de service ne sont pas (du tout) du genre à la laisser volontairement à l'arsenal et ceux qui sont prêts à l'utiliser, c'est à dire à emporter illégalement des balles encore moins! Non?
    Pour des coûts relativement réduits, quelques nouvelles restrictions dans l'exercice de certaines libertés (chasser, tirer, posséder une arme) et la suppression d'une tradition (qui n'est plus justifiée objectivement ce qui n'est certes pas une raison en soit de l'éliminer mais on doit en tenir compte!) que je respectent mais qui doivent s'écarter devant des intérêts éventuellement prépondérants, on pourra probablement éliminer quelques morts et menaces et limiter la circulation des armes en Ch et vers l'étranger.
    A chacun, une fois bien renseigné (dans l'idéal), de faire la pesée des intérêts...

    RépondreSupprimer
  3. Eh be, on peut dire que tu as mis les petits plats dans les grands.

    Globalement, la réponse à ton texte est dans le mien (et inversement), si le débat était évident je suppose que nous n'en parlerions pas. Je ne peux donc que plussoyer ta conclusion on ne peut plus démocrate.
    Je trouve dommage par contre que tous les partis usent d'une publicité digne de l'instruction pour handicapés mentaux en guise de renseignements : entre les truands maléfiques des affiches de la droite et les pauvres enfants innocents de celles de la gauche, on n’est pas sorti de l'auberge.

    RépondreSupprimer
  4. Qu'est-ce qu'on dit MJ ?
    - Heu, "Danke schön" ?

    RépondreSupprimer