3 octobre 2010

Starcraft II Wings of Liberty

Les jeux Blizzard sont les meilleurs, naturellement, puisque c'est Blizzard qui les fait.

Ainsi, Starcraft II, Wings of Liberty (sorti il y a 3 mois), attendu comme le messie, a été testé il y a quelques semaines par mes soins. Il faut dire que sur les forums, la tendresse est un dogme. Critiquer Starcraft, c'est avouer qu'on a 12 ans,qu'on ne sait pas jouer et qu'en plus, comme on a jamais programmé de jeux, on peut pas parler. 

Présupposé : il ressemble comme deux gouttes de bière à Warcraft III, je n'en démord pas. Et ceci n'est pas une critique : ressembler à une légende c'est plutôt un bon début.

Visuellement, ça a peu changé. Blizzard annonce toujours et encore vouloir faire des titres adaptés à toutes les machines (y compris certaines, ... un peu marginales, ... que je ne citerai pas) et donc nous sort un look parfois un peu cartoon, visuellement potable, mais absolument sans plus. Pour avoir adulé des Alerte Rouge, Anno 1602 ou autres dans ma fringante jeunesse, je vais pas prétendre que le graphisme fait la qualité. 

Les cinématiques c'est une autre paire de manche, on achète un jeu grâce à ses cinématiques et celles de Starcraft sont donc - avouons le - des claques. Pas toujours très cohérentes, ni forcément les meilleures du marché, mais tout de même fort honorables. Qui a vu celles de World of Warcraft, Wrath of the Lich King, ne peut que reconnaître à blizzard un certain chic dans le domaine de la vidéo.
La musique est un peu spéciale, un croisement sauvage entre le Black album et une sorte de Western avec des moments épiques tout droit sorti de Star Wars sans rapport stylistique avec les deux précédents. Ça tient pas deux secondes face aux productions d'un Stuart Chatwood ou d'un Jack Wallis, mais j'aime bien, ça sert globalement assez bien l'ambiance globale. 

L'ambiance est peut être l'un des points assez réussi, avec une campagne solo bien fun. Le scénario est gros comme une maison (Attention, pseudo spoil), le héros à perdu sa copine, on voit une grande méchante alien-humaine, oooh, c'est sa copine, il trouve des atrefact magiques, il la désalienise dans une baston finale mémorable. Celui qui l'a pas vu arriver, je peux plus rien pour lui. 
Cependant le héros est amusant avec son côté cow-boy, son pote, le taulard adepte de première ligne est aussi assez drôle. L'ambiance Western de cette petite révolution est attachante. 

Le gameplay, c'est là que ça se gâte. Et pas qu'un peu. C'est désuet au possible. Le système avait fait ses preuves sur W3, mais peut-être aurait-il été bon de tenter un peu d'innovation (à l'instar d'un RUSE, que je n'ai pas eu le privilège tester) au lieu de réchauffer les acquis au micro-onde. Les mêmes ressources (une en spot et une autre un peu étalée, les deux étant côte à côte afin de simplifier l'éventuel côté tactique), les mêmes améliorations d'unités, pratiquement les mêmes races en terme de spécificité (l'humanité basée sur l'armure et les soins, les elfes basé sur une surspécialisation des troupes, et les morts-vivants, pardon les Zergs, ne pouvant qu'occuper un sol corrompu de leur bâtiments et mixant troupes ultra légères et monstres colossaux). On regretterait presque les orcs tant qu'à faire. 
Plus important, quitte à recycler, pourquoi ne pas avoir laissé le système de héros, puisque la campagne mets en scène - justement - des personnages très précis. Personnellement j'aurais apprécié de pouvoir aligner Jim Raynor et Tychus Findlay chaque mission pour leur faire grimper des niveaux et acheter des améliorations. Disparition inexplicable donc.

Côté tactique, les missions sont orientées sur la présentation d'une nouvelle unité. C'est très bien en soi, mais cela signifie que, après avoir mis en place une économie solide (donc après avoir créé une horde de VCS), il suffit de spammer l'ennemi de l'unité en question pour terminer malgré le niveau de difficulté.

Et quand nous avons fini la campagne Terran, alors que - comme dans W3 - tout sous entend "la suite avec la race suivante" on voit s'afficher "la suite avec la race suivante, dans notre prochain stand alone". Eh bien ils savent garder financièrement la tête froide chez Blizzard.

Réponse traditionnelle : Starcraft II Wings of Liberty est un jeu à la durée de vie multijoueur illimitée auquel nous jouerons pendant les 30 prochaines années. Il est vrai que je m'intéresse peu au multi-joueur, j'ai donc du faire ma petite recherche afin de fonder mon opinion. Être un bon joueur de Starcraft en multi, c'est savoir créer une économie solide avant de spammer l'ennemi par exemple avec le marine de base. Avouez-le, c'est absolument du hardcore gaming. 
Il est vraiment dommage que le jeu n'intègre pas un simple système de contre précis à l'image d'Age of Empires III (cavalier fort contre l'artillerie et les archers, mais faible contre les piquiers et les mousquetaires), ou qu'il n'existe pas différentes manières de jouer (pour reprendre AoE3 : rush contre différentes sortes de boom) ou la possibilité de faire du hit and run au lieu d'abuser de la fonction mouvement d'attaque (indiquant à l'unité d'avancer vers le point ciblé en tuant tout sur son passage).

Mon bilan de Starcraft II : Wings of Liberty est globalement assez positif, j'ai été content de le tester, mais ne le recommande pas. Le jeu est très simple à prendre en main, la campagne est amusante et défouloir on trouve un peu d'humour - j'avoue avoir adoré le pilote québécois du vaisseau de transport, ou les répliques cachées des mistinguettes de l'infanterie sanitaire - mais d'une part ce jeu n'a rien d'une merveille et apparaît à mes yeux comme une trayeuse à clients merveilleusement développée par Blizzard, qui depuis quelques années a bien appris ce que marché signifie.
MJ

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